Rencontres photos d’Arles

On ne présente plus « Les Rencontres d’Arles » qui sont le plus grand festival consacré à la photographie en France avec plus de 100 000 visiteurs par édition. Du 1er juillet au 29 septembre 2024, une quarantaine d’expositions réalisées par les photographes les plus réputés de la planète sont à découvrir un peu partout dans la ville, sans compter les galeries privées que l’on découvre à chaque coin de rue.

La ville offre des lieux d’exposition sublimes en profitant de ses richesses architecturales. Mais aussi des lieux décalés comme l’entrepôt du Prisunic !

Pour une première participation – attendue depuis des années- j’ai particulièrement apprécié :

  • la rétrospective Mary Ellen Mark, la première depuis la disparition de l’artiste en 2015,
  • Hans Sylvester rencontré « en vrai » dans son expo sur la pétanque et le jeu de boules en Provence
  • un moment avec Serge Assier, « self-made photograph », ami de René Char et Michel Butor et qui a photographié les célébrités du cinéma.
  • les très beaux tirages de la série « élévations » de Eric Bouvet, sur papier Awagami bamboo.

 

Calais : YUIMA NAKAZATO, une découverte surprenante

La Cité de la dentelle et de la mode de Calais présente la première exposition monographique consacrée au créateur de mode d’avant-garde japonais Yuima Nakazato.

Son travail, à la croisée de l’innovation, de la tradition et de la haute technologie, investit la voie d’une mode plus écologique. Entre l’inventivité de la haute couture et les savoir-faire séculaires japonais, sa vision poétique du vêtement est portée par une volonté de démocratiser la création sur mesure.

Yuima Nakazato, né en 1985 au Japon, est diplômé en 2008 de l’Accadémie Royale des Beaux-Arts d’Anvers. Distingué depuis ses débuts par de nombreux prix, Yuima Nakazato est le deuxième créateur japonais, après Hanae Mori, à intégrer la prestigieuse Paris Fashion Week.

Depuis 2016, les deux collections annuelles du créateur défilent en effet dans la catégorie membre invité haute couture. Yuima Nakazato imagine des pièces évolutives, durables et aptes à tisser un lien émotionnel unique avec les personnes qui les portent. Il s’appuie entre autre sur des techniques personnelles d’assemblages et sur les savoir-faire artisanaux d’Orient et d’Occident.

Une nouvelle semaine en Grèce

Rien de tel pour se ressourcer qu’un voyage en Grèce. Cette année c’est un périple sur les traces d’Alexandre le grand en Macédoine et Thessalie qui passait par les monastères des Météores, les tombes macédoniennes, et moultes églises byzantines.

Comme l’an dernier, j’ai eu envie d’une interprétation en noir et blanc, peut être parce que l’été, le ciel étant uniformément céruléen, les beaux nuages sont rares ! d’où l’album Black is the new blue II

La version in-extenso et en couleurs c’est ici : Album Photos couleurs

La Biennale de la Céramique de Steenwerck

Depuis 1999, tous les deux ans, cet évènement rassemble une quarantaine de potiers et de céramistes à Steenwerck. Commune également connue pour les confiseries de L’Atelier Des Lys et incarnant le décor du commissariat de la ville fictive de Saignac dans la série « Commissaire Magellan »…

L’occasion de découvrir l’artiste Thierry Luang Rath, véritable artiste de la dentelle de terre cuite…

L’occasion également de visiter le Musée de la Vie Rurale et ses sympathiques animateurs bénévoles.

Les photos ici

Rodin une renaissance moderne au BAM

Jusqu’au 18 août 2024, le Musée des Beaux-Arts de Mons (BAM) avec le soutien du Musée Rodin de Paris, consacre une exposition au sculpteur Auguste Rodin (1840-1917) et propose une relecture de son œuvre sous le prisme de la Belgique.

Découvertes des dessins, gravures et peintures mis ici en valeur, à coté des célèbres sculptures.

Photos de la sortie

Les fenêtres qui parlent Lille 2024

Durant 4 semaines et 5 week-ends, les artistes se sont emparés de plus de 1500 fenêtres, frontières de l’espace privé et de l’espace public !

Par les fenêtres, avec la complicité des habitants, les artistes se prêtent au jeu de la confrontation de leurs œuvres au regard des passants. Ils bouleversent le quotidien. Les rues deviennent alors des espaces à vivre collectivement…

Pour sa 23ème édition, du 16 mars au 14 avril 2024, les Fenêtres qui parlent ont investi 24 quartiers au coeur de 11 communes de la métropole lilloise. J’ai eu le plaisir d’y exposer 11 photos sur 4 fenêtres du quartier de Hellemmes. Merci à ces 4 habitants !

Quelques photos ICI , dont les 11 exposées

Autour de Gilbert Garcin : expo à Tourcoing

Gilbert Garcin est un artiste singulier. Il a prouvé qu’on pouvait devenir artiste talentueux après 60 ans. Ce photographe provençal était à la fois un jeune artiste et un homme âgé lorsqu’il s’engagea, par accident, dans la création photographique. Après une carrière d’entrepreneur dans la vente de luminaires, il eût l’idée… lumineuse de se lancer dans l’apprentissage de la photographie.

Il s’inscrivit donc dans un club-photo quelques mois après son départ en retrait. Il se prit de passion pour ce médium. Eprouvant le besoin d’améliorer sa technique, il participa en 1995, lors des Rencontres d’Arles, à un stage d’été, sous la direction de Pascal Dolémieux. Voila ce qui l’a lancé dans une aventure qui dura une trentaine d’années jusqu’à sa mort en 2020.

© Gilbert Garcin. L’envol d’Icare (d’après Léonard de Vinci)

Sous l’apparence de Mister G, inspiré par Monsieur Hulot de Tati, Gilbert Garcin parvient avec ses aphorismes visuels à nous faire voyager entre réalité et fiction.

Documentaire 10minutes produit par les Rencontres d’Arles en 2013

« MYTHO » expo de Robin Lopvet

Le Centre Régional de la Photographie Hauts de France (*) présente jusqu’au14 janvier 2024 les œuvres de Robin Lopvet. Un artiste plasticien, virtuose de Photoshop, qui en use, non pas pour tricher mais au contraire, pour montrer avec humour et décalage la fabrique de mythes cousus de fils blancs.

La première œuvre exposée est un détournement de Jérôme Bosch, c’est dire si on s’attend à croiser quelques monstres qui n’auraient pas dépareillé dans les meilleurs épisodes de Star Wars.

Il s’est rendu célèbre par son détournement d’images de petits chiens transformés en monstres « D.O.G.S » (Dangerous Objects Growing in the Sky). Ses images sont devenues virales

Made in Taiwan est une animation projetée, un empilement de photos prises lors d’un séjour à Taïwan, qui sont successivement déconstruites et reconstruites en montrant le montage photo en direct pour passer le sujet de l’une au fond de l’autre et ainsi de suite, comme pour un changement de décor à vue au Théâtre.

Un régal, dommage qu’il n’y ait pas plus d’œuvres exposées.

(*) Place des Nations 59282 Douchy les Mines

Anselm Kiefer, j’ai kifé

Au LaM jusqu’au 3 mars 2024.

Le LaM présente plus de cent-trente œuvres de Anselm Kiefer, artiste plasticien allemand reconnu internationalement pour ses pièces monumentales et son travail sur la mémoire européenne. Né à la fin de la guerre, il interroge dans son travail les démons du nazisme.

Il vit et travaille en France à Barjac et en région parisienne. 

Les œuvres témoignent de sa pratique de la photographie et de la question de la révélation de l’image, essentielles dans son œuvre. Un cocktail d’art brut et de photo !

J’ai particulièrement aimé les photos qui sortent de la baignoire (évoquant l’époque ou il utilisait sa baignoire comme cuve de révélateur). Et sa manière de faire cohabiter les extrêmes (le noir, le blanc ) tout en exprimant le passage de l’un à l’autre (comme les escaliers entre ciel et terre).